Scandale de corruption à Sonatrach
Lettre de Hocine Malti au général Toufik : un sénateur du tiers présidentiel prend la défense du chef du DRS
Sonia Lyes
Après avoir provoqué un buzz sans précédent sur internet et alimenté les conversations entre Algériens, la lettre de Hocine Malti au général Toufik, publiée le 18 février par El Watan, suscite, pour la première fois, une réaction au sommet de l’Etat.
Dans une lettre ouverte de sept pages adressée à TSA, Omar Mahdad, sénateur du tiers présidentiel, s’en prend violemment à Hocine Malti, ex-vice-président de Sonatrach, accusé d’avoir des « appointements avec certains services qui ne sont pas au service de l’Algérie ».
Le sénateur prend par la même occasion la défense du général Toufik, directement mis en cause par Hocine Malti dans le manque de réaction de la justice algérienne dans les scandales de corruption qui secouent Sonatrach.
« Le descriptif que vous faites des rouages de la corruption qui gangrène notre société démontre que vous n’êtes pas un novice en la matière et que, loin de vouloir une enquête sérieuse sur le dossier ‘‘Sonatrach 2’’, vous êtes dans la stratégie d’attaquer les plus hauts rouages de l’Etat pour vous poser en victime, dans la perspective, fort probable, de la découverte de votre implication tant dans le dossier ‘‘Sonatrach 2’’ que dans le dossier ‘‘Sonatrach 1’’ », ajoute l’ancien vice-président du Sénat.
« La justice algérienne, que vous reléguez au rôle de faire-valoir et de simple exécutant de basses œuvres, saura vous demander les comptes auxquels vous tentez de vous soustraire avec des calomnies et des accusations dénuées de tout fondement », écrit encore M. Mahdad à l’adresse de Hocine Malti.
« Nos juges seront aux trousses et feront expier tous ceux qui ont enfreint les lois, dès que les enquêtes diligentées leur permettront de le faire », promet-il. « (…) Nos juges sont depuis longtemps sur les traces de ces criminels qui vampirisent notre économie nationale. La seule différence, c’est que nos juges sont moins enclins à la médiatisation des affaires que certains de leurs collègues étrangers », écrit encore le sénateur.
Omar Mahdad reproche également à Hocine Malti d’avoir réagi tardivement. « Beaucoup se sont fourvoyés en prenant la Justice de notre pays à la légère et, si vous aviez été sincère et probe, vous auriez dû, depuis longtemps, lui signaler toutes les malversations que vous dénoncez maintenant. C’est un crime que d’avoir tant attendu avant de faire le devoir qu’aurait dû vous dicter votre ‘‘conscience’’. »
Omar Mahdad accuse également Hocine Malti d’avoir « tenté maladroitement de souiller la réputation et la probité du chef de l’Etat et de ses proches ». « Emporté dans votre ivresse des profondeurs, outre celles de la Justice et du Chef du DRS, Si Mediene Mohammed, et M. Abdelaziz Bouteflika, vous avez tenté maladroitement de souiller la réputation et la probité du chef de l’Etat et de ses proches », écrit-t-il. « La prospérité saura dire qui a œuvré pour le bien de son pays avec sincérité et droiture, monsieur Malti. Je doute qu’il y soit fait votre éloge, dussiez-vous vivre dix siècles (…) », conclut le sénateur.