Benflis dicte ses vérités au FFS
Seulement, Mohand-Amokrane Chérifi et ses compagnons se sont vite rendus compte du caractère laborieux de leur projet vague et sans consistance. Car Benflis leur réitéré à l’occasion ses convictions et ses certitudes aux antipodes des leurs.
Pour l’ancien chef du gouvernement, le pays vit une grave crise de régime particulièrement menaçante qui exige un traitement hautement prioritaire. Une transition démocratique qui ne pourrait être conduite que par des autorités représentatives et légitimes ainsi qu’un changement de la nature du régime politique auquel seules ces mêmes autorités représentatives et légitimes peuvent procéder. Pour ce faire, elles devront organiser le passage « d’un pouvoir personnel et autocratique à un pouvoir démocratique conforme aux normes universellement admises ».
Une crise requérant un règlement urgent qui est selon Ali Benflis, le « produit naturel d’une vacance avérée du pouvoir, de la quasi-cessation d’activité des institutions de la république et de l’illégitimité de ces mêmes institutions ».
Ceci dit, Benflis estime que le règlement de cette crise de régime doit, avant tout, faire l’objet d’un consensus au sein de l’opposition nationale en appelant à « un retour à la volonté populaire souveraine au moyen d’élections préparées, organisées et contrôlées par une instance électorale indépendante, impartiale et permanente ».
Voilà qui doit bien donner à réfléchir au FFS qui, à force de vouloir jouer l’intermédiaire entre le pouvoir et l’opposition, risque tout bonnement de tout perdre. Surtout après les lignes rouges tracées la veille par le secrétaire général du FLN puisque Amar Saïdani a anticipé en tenant l’exact discours de Benflis au sujet de la légitimité du président de la République et de l’invitation faite à la classe politique de s’inscrire dans le jeu institutionnel supposé lui aussi légitime.
Yougourthène Kersi