Les 9 malédictions du monde arabe par Djoubran Khalil Djoudran (1883-1931).
1) Malheur à une nation qui renie sa religion pour une secte.
2) Malheur à une nation qui s'habille de ce qu'elle ne tisse pas, qui s'alimente de ce qu'elle sème pas, qui s'abreuve de ce qu'elle ne presse pas.
3) Malheur à une nation vaincue qui voit dans l'apparat de son vainqueur la perfection et dans sa laideur la suprême beauté.
4) Malheur à une nation consciemment soumise à son oppresseur qui le blâme inconsciemment.
5) Malheur à une nation qui n'élève sa voix que lorsque elle suit un cortège funèbre, qui n'est libre que dans un cimetière, qui ne se révolte que lorsque elle a la tête entre glaive et billot.
6) Malheur à une nation dont sa politique est finasseries, sa philosophie pitrerie et son industrie bricolage.
7) Malheur à une nation qui accueille ses vainqueurs à coups de tambours et de trompettes qui raccompagne les vaincus à coups d'injures et de sifflets.
8) Malheur à une nation dont ses sages sont muet, ses guides aveugles et ses charlatans bavards.
9) Malheur à une nation dont chacune de ses tributs rêvent d'être une nation.
Djoubran Khalil Djoubran était d'origine libanaise. Il est également connu sous le pseudonyme de : "Prophète." Ses malédictions ont été écrites dans les années 20 du siècle dernier et publiées vers 1927. Il est aisé de constaté que le monde arabe a certes changé mais en pire.