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L'Algérie chapardée : Smail Gouméziane réagit

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La Nation - Hebdomadaire Algérien
SONATRACH : Otage du système rentier
Smaïl GOUMEZIANE | Mercredi 20 Février 2013

Depuis plusieurs semaines, la Sonatrach, fleuron de l’économie nationale, n’en finit pas de défrayer la chronique. Rattrapée par son passé lourd d’affaires de corruption, elle est aussi, avec la question des gaz de schiste, au cœur d’enjeux essentiels pour le futur.gateau fln.jpg

SONATRACH : Otage du système rentier
On le sait, depuis l’origine, la rente pétrolière que dégage la Sonatrach, - un revenu des plus légitimes du point de vue de l’économie pétrolière -, est prise entre le marteau et l’enclume. D’une part, cette rente pétrolière est prisonnière de la corruption que suscitent les grands contrats liés à la recherche, à l’investissement et à la production-distribution dans le secteur des hydrocarbures. C’est le côté marteau. Et de l’autre, la rente pétrolière est prélevée par un Etat rentier, sous forme de fiscalité, et utilisée à des fins d’investissements, de production, d’importation et de commercialisation  générant tout autant de corruption que la multiplication d’autres formes de rentes (financières, foncières, commerciales, de spéculation, voire politiques et sociales). C’est le côté enclume. C’est dans ce cadre que s’inscrivent toutes les « affaires judiciaires » passées et actuelles éclaboussant directement la Sonatrach, et indirectement toutes les autres « affaires politico-financières » de ces dernières années. 

Par ailleurs, la Sonatrach, à travers le dernier projet de loi ouvrant la porte à l’exploitation des gaz de schiste, a déclenché un débat, plus ou moins démocratique et vite refermé, sur les risques environnementaux que pourraient entrainer la production de ces gaz. Pour autant, là encore, il ne faut pas se tromper d’adversaire. En soi, les gaz de schiste ne posent pas plus de problèmes que la production de pétrole. Dès lors, la rente gazière qu’on pourrait en tirer ne serait pas plus illégitime que la rente pétrolière. Ce qui est vrai, par contre, c’est que les techniques actuelles de fracturation des roches renfermant ces gaz sont sujettes à caution (exemple aux Etats-Unis d’Amérique) et particulièrement dévastatrices en termes environnementaux.  Si débat il doit y avoir, et il devrait avoir lieu, c’est sur la possibilité d’extraire ces gaz avec de nouvelles ou de futures techniques d’extraction respectueuses de l’environnement.Dans cette perspective, nul doute que la Sonatrach et l’Algérie doivent promouvoir  de sérieuses recherches en la matière. 

Ceci dit, la rente gazière que pourrait dégager l’exploitation de ces gaz de schiste n’élimine pas la question essentielle du rapport de cette rente gazière à la corruption qu’elle pourrait générer, tout comme la rente pétrolière, pas plus que celle du rapport de cette rente gazière à l’Etat rentier dont elle continuerait d’alimenter la politique prédatrice et improductive. Ce qui est en cause derrière tout cela, c’est la capacité pour la Sonatrach et tout le secteur des hydrocarbures d’être un véritable instrument de financement et développement des autres secteurs productifs de l’économie nationale. Pour cela, une seule réponse radicale et durable : sortir démocratiquement et pacifiquement des griffes du système rentier. Et c’est possible puisque d’autres entreprises et d’autres états producteurs d’hydrocarbures l’ont fait (Norvège) 
 

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