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Algerie : Quelles réformes et Quelle école après Bouteflika?

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S’il y a un domaine dans lequel tous, parents d’élèves, enseignants, syndicats et experts sont unanimement d’accord pour dénoncer les échecs, c’est bien l’école !

Démocratiser l’école après l’indépendance du pays était à la fois légitime et judicieux pour enrayer l’analphabétisme et permettre à tous les enfants d’accéder au savoir.
Et puis très vite, l’école devint un enjeu politique. L’arabisation sans réelle préparation et entre les mains d’enseignants sans compétence venus pour la plupart d’Egypte remplace le bilinguisme. Comme dans les autres domaines, les concernés et principalement le corps enseignant ne sont pas associés à la mise en place des programmes. Il est significatif que c’est dans l’éducation nationale que sont apparus les premiers syndicats autonomes pour revendiquer légitimement des améliorations salariales et également plus de concertations avec leur tutelle.
La marginalisation des enseignants n’est pas fortuite. Elle répond à des desseins politiques.
L’école investie par la politique devient un champ de bataille pour imposer une vision rétrograde et fausse.
Rétrograde quand l’apprentissage de la religion se résume à la façon de laver les morts et aux châtiments de l’au-delà tandis que la religion vecteur du vivre ensemble et respect des autres croyances en est bannie.
Fausse quand l’histoire ancienne et contemporaine de l’Algérie est totalement falsifiée. L’école censée éveiller l’esprit critique et d’analyse pour véhiculer le savoir et la recherche de la vérité historique est à l’inverse utilisée par le pouvoir pour promouvoir une histoire ancienne et contemporaine qui l’arrange, fabriquée de toutes pièces. Dans les manuels scolaires, l’Algérie millénaire est uniquement arabe et musulmane tandis que les véritables héros de la guerre d’indépendance sont totalement ignorés et supprimés de la mémoire collective. L’école algérienne caporalisée par le pouvoir fabrique des jeunes personnes incultes et sans curiosité alors que le budget alloué à l’éducation est très élevé comparativement aux pays voisins. Ce budget va à la propagande du pouvoir.

Les constats sont là:


A cette gabegie s’ajoute une grande disparité régionale. Certaines régions du territoire sont plus que d’autres confrontées à la surcharge des classes par manque de locaux et d’enseignants.
Aujourd’hui, le niveau de l’enseignement est tel que presque aucune université étrangère n’accepte l’équivalence du baccalauréat algérien.
Et cette école sinistrée, destinée depuis l’indépendance à nos jours aux enfants d’Algérie par le pouvoir n’est pas celle des enfants de la nomenklatura. Les artisans de cette école l’épargnent à leurs enfants qui fréquentent les écoles occidentales et principalement françaises alors que la langue française est décriée en Algérie. c'est la politique du Curé :" faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais"

Alors que devra être l’école après Bouteflika ?
Dans une Algérie enfin démocratique et plurielle, l’école sera le sanctuaire de la science et des valeurs universelles loin des confrontations politiques. L'idée de destiner le projet de la grande mosquée d'Alger, en grande université internationale d'Alger que nous avons lancée n'est pas aussi sotte que l'on pourrait le penser, encore moins elle ne pourrait etre interpréter comme une opposition à la personne de Bouteflika qui en est l'initiatteur. En contre partie, il n'est tout à fait insensé de notre point de vue de créer plusieurs mosquées de moindre envergure à l'dans les plus grandes villes d'Algerie et notamment à Tizi Ouzou.
Dans cette école insérée dans le monde actuel, les enseignants et les experts de l’éducation sont associés et entendus dans l’élaboration des programmes et le choix des manuels scolaires. Les objectifs qualitatifs à atteindre seront identifiés et les vrais résultats connus.
Relever le niveau de l’enseignement devra être la première des priorités. Toutes les propositions financières ou pédagogiques d’où qu’elles viennent : syndicats, associations des parents d’élèves ou tutelle devront être débattues en toute transparence dans des radios et des télévisions indépendantes du pouvoir pour informer les parents et tous les citoyens.
En outre, nous le savons tous, la qualité de l’enseignement n’est plus uniquement un enjeu national pour se développer mais également une nécessité pour garder et attirer les élites performantes dans une économie mondialisée. L’école algérienne est partie prenante.

Kahina Ait Souguer

Economiste

Professuer d'Université


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