1957. Jean a tout juste vingt ans. Appelé, il effectue ses classes de chasseur alpin et embarque pour l’Algérie. Un camp au cœur des montagnes de Kabylie. Autour, partout et nulle part, l’ennemi. Invisible. Jadis panorama touristique pittoresque, le Djurdjura va, des années durant, offrir une image apocalyptique: exactions en tout genre, torture, viol. Plongé dans un univers qui le transforme, l’Homme tente de dominer sa sauvagerie. Entre les mensonges pour rassurer les parents, les patrouilles, les embuscades et les fouilles de villages, Jean essaie de s’adapter… En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme qu’on appelait guérilla. Loin de tout cliché, l’ouvrage révèle le quotidien de la guerre, ce mal qui contamine l’être humain, le transformant en une bête aux instincts les plus sombres. Un formidable travail de mémoires conjuguées, pour un digne hommage au peuple algérien, et à tous les morts de l’abomination coloniale. |