Quantcast
Viewing all articles
Browse latest Browse all 5634

Algerie : La barbarie des soldats francais en Kabylie ( Automne 1957) : le village de Soumer

 Chapitre 10 : La barbarie des forces militaires coloniales françaisesImage may be NSFW.
Clik here to view.
413084_405896926130744_759130744_o.jpg


Pendant que les maquisards pénétraient au village de Soumer, des mousseblines originaires de Zoubga montaient la garde non loin des premières maisons sur deux postes d’observation.

 Un autre moussebel (2), Arezki Ath Oumalou, originaire de Soumer, en s’approchant du village fut abattu par inadvertance par les vigiles de l'ALN. Une bavure qui allait entrainer l’irréparable, en raison de la proximité des camps des chasseurs alpins campés non loin de la, dans les villages de Iferhounène, Ait Hichem et Tizi NDjemaa. Autant dire que la Haute Kabylie est complètement quadrillée la les troupes françaises du 6eme BCA.

Et ce qui devait arriver arriva. En effet, alertés par les coups de feu, les soldats français se ruèrent sur les lieux, encerclant le village d’où étaient parties les détonations. En quelques minutes tout le village se trouva encerclé, bouclé. L’objectif, procéder a des arrestations de civils pour tenter, de soutirer par la torture des renseignements sur les auteurs des coups de feu. Devant la réticence de la population à coopérer avec les forces d'occupation, les soldats français se mirent immédiatement a l ‘œuvre en recourant aux exactions sur la population sans distinction de sexe ni d’âge. Ils ordonnèrent aux femmes d'aller ramasser du bois, et de ramener des seaux remplis, pour les déposer sur la place du village.

Mais que viendrait-il a l’esprit devant tout ce manège ? Que vont-ils donc faire de ces matériaux? Personne  ne se doutait des intentions pourtant criminelles des chefs militaires français qui dirigeaient les opérations.Image may be NSFW.
Clik here to view.
3557i.jpg

Le cadavre d’un moussebel abattu quelque part, exposé sur la place publique, pendu par les pieds, la tête en bas, avait fait croire un moment que ce moussebel allait être brulé ou simplement cuit. Histoire, sans doute de vouloir tyranniser les villageois. Mais la quantité de bois et le nombre de seaux remplis d'eau avaient vite chassé cette idée des esprits.

Comme première punition, un moussebel  du nom de Cherif Ath Amar fut exécuté  sommairement par les militaires français

Le spectacle lugubre auquel les villageois, femmes et hommes, allaient assister en le subissant, sans même se douter n'avait pas tardé à venir : Comme pour calmer la sauvagerie de ces hommes de la force coloniale, leur chef avait laissé libre cours aux instincts racistes et criminels de ses soldats. Mais, pis encore, il était non seulement l’ordonnateur mais participait personnellement a l’exécution de cette salle besogne :

Les chasseurs alpins de l'armée française ordonnèrent aux femmes et aux hommes de se mettre en colonne par un, puis passèrent a l’action comme une horde d’animaux sauvages s’attaquent a sa proie fragile, désarmée, impuissante. :

A l’aide de poignards, ils se mirent à déchiqueter leurs effets vestimentaires, laissant au bout de quelques minutes les pauvres villageois nus comme des verres. Ils s’acharnèrent avec une telle violence que L’on pouvait deviner que ces individus étaient dénués de tout sentiment et d'intelligence humaine. Ou alors étaient-ils sous l'emprise de la gnôle et d'autres produits chimiques fruits de recherches scientifiques de cette puissance "civilisée".Image may be NSFW.
Clik here to view.
3447R.jpg

Mais le supplice inhumain n’a pas de limite chez ces hommes venus d'ailleurs pour se livrer sans aucune retenue à leurs instincts criminels,  pour accentuer la misère et la souffrance de ces pauvres êtres humains vivant dans des conditions de dénuement primitif.

Non satisfaits d'avoir attenté avec violence à la pudeur de ces humains, Ils se mirent à déverser le contenu des seaux d'eau sur les corps nus des femmes et des hommes. On comprend maintenant qu’ils avaient été  préparés  pour ce dessein machiavélique.

Il y a des moments dans la vie ou se pose la question de savoir en quel monstre la guerre peut transformer un humain. Et que devant de tels actes, le doute ne subsiste plus sur le camp dans lequel  se loge le nazisme.  En Allemagne, en France, en Italie, au Chili? La réponse est on peut plus claire, elle est cinglante : le crime contre l'humanité n'est le monopole de personne, le nazisme n'a pas de nationalité.

Nous étions en automne. La fraicheur, ici en Haute Kabylie avait commencé à s'installer en attendant le tapis blanc glacial qui n'est pas loin.

Devant cette situation dramatique, les femmes et les hommes  soumis  a la volonté criminelle de sauvages, des soldats débridés, sans aucun sens ni de la religion ni de la civilisation, ni de la laïcité,  prenant a deux mains ce qui le restent d’énergie et de courage décideront d’aller se plaindre au capitaine de la 2éme compagnie du 6ème BCA stationnée  a Iferhounène.

Ils marchèrent toute la journée, à pieds, que dis-je?! Nus! Sur un sentier rocailleux, sinueux, poussiéreux de plus de 7 kilomètres. Arrivés au camp d'Iferhounène, c'est le lieutenant dit DEUX GALLONS qui accueillit les villageois.Image may be NSFW.
Clik here to view.
3456R.jpg

Le lieutenant De Gallons s'adressant  aux villageois :

- Qui vous a mis dans cet état ?

   - Les soldats de Tizi Ndjemaa, répondirent les villageois

Le lieutenant Deux Gallons ordonna aux soldats de la 2éme compagnie de charger dans Des Bahuts militaires de type GMC,  les civils venus se plaindre en les instruisant de faire mettre fin au siège du village par les soldats étrangers au secteur.

Le convoi de Gmc transportant les civils s'ébranla, pour atteindre au bout quelques minutes le village de Soumer encore sous le contrôle des soldats « enragés ».

Pendant que les civils descendaient des Bahuts, le lieutenant DEUX GALLONS ordonnait aux soldats, sans doute de la 3éme compagnie venus d’Ait Hichem de quitter sans délai les lieux.

Depuis,  tous les habitants des villages de Lazib, Ait Larbi, Soumer, Tikilsa seront déplacées et concentrées autour du camp de la  2éme compagnie du 6eme BCA  à Iferhounène et aux alentours notamment dans la cite de Agouni Amokrane, construite a la hâte par un entrepreneur du nom de Brogé, a cet effet, avec des parpaings et la main d'œuvre de prisonniers algériens. Parmi ces prisonniers figure un certain Md. Si Hadj Mohand, chef de front FLN de son état.

Quelques jours avant l'évacuation du village de Soumer ou était refugiée Torkia, un moussebel du nom de Cherif Ath Amrane, sera capturé a contre bas du village de Ait Larbi. Il sera interné au camp de a 2éme compagnie du 6éme BCA a Iferhounène ou il apprendra, grâce aux fuites d’informations, que Torkia, épouse du grand maquisard Aroua Mohand Oussalem, était recherchée. Même s’il connaissait parfaitement Aroua Mohand Oussalem, pour l’avoir souvent côtoyé dans les maquis, par contre il  ignorait tout de Torkia, épouse de ce dernier. Il fallait donc avertir à tout prix la famille de ce couple pour prendre leurs dispositions avant qu’une action pour les neutraliser ne soit lancée par l’armée française.


Connaissant bien Younes Ath Amar, harki fraichement rallié avec son épouse au camp d'Iferhounène,  et qui va plus tard s’avérer un précieux collaborateur des  maquisards, Cherif Ath Amrane eut spontanément l'idée de faire confier par une personne intermédiaire,  la mission de transmettre l'information aux parents de Torkia pour la mettre l'abri d’une action des forces militaires française, d’une part. D’autre part confier la tache de protection a Younes Ath Amar qui, bravant tous les dangers en cas de découverte de sa trahison, prendra, a son corps défendant, tous les risques sans aucune hésitation l'affaire en main en mettant immédiatement au parfum sa propre épouse Zahia Ath Hammiche : «  va, lui dit-il, avertir la famille de Torkia pour disparaitre de la vue des services de renseignements français. On ne sait jamais, si par hasard, on venait à m'interroger sur son cas, en utilisant la manière forte, je risque de céder à la pression  et de la «  vendre » aux français.

L’épouse de Younes Ath Amar, en l’occurrence Zahia Ath Hammiche, chargera à son tour une de ses connaissances au sein du village Iferhounène, en la personne de Tassadit Ath Ahmed, pour alerter la famille du maquisard sur le risque que court Torkia si jamais elle était appréhendée.

C’est ainsi que Torkia sera sauvée in extrémis des griffes des forces coloniales. Un message  liaison sera transmis à son époux qui devait à son tour prendre ses dispositions pour protéger son épouse en la cachant dans les multiples casemates  qui pullulent dans les maquis de la région.

Pour mettre à exécution le plan de fuite de Torkia, c'est son oncle qui sera chargé par les éléments du FLN, pour lui servir de guide afin de l'éloigner de la zone du 6éme BCA qui quadrille totalement la Haute Kabylie devenue la commune mixte du Djurdjura

Extrait du livre de Abdenour Si Hadj Mohand " LES FEMMES DU DJURDJURA DANS LA RÉBELLION (1954-1962)


Viewing all articles
Browse latest Browse all 5634

Trending Articles