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Nacera Houari, enseignante en sciences de l’information : « La presse algérienne ne cesse de subir le chantage publicitaire »

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le 12.09.14 | 15h32 2 réactions

 Nacera Houari, enseignante à la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou
zoom | © El Watan
Nacera Houari, enseignante à la faculté des sciences...

*Nacera Houari, enseignante à la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, estime que la presse en Algérie ne cesse de subir les harcèlements administratifs, judiciaires et économiques des pouvoirs publics, notamment avec le chantage publicitaire.

« On assiste, aujourd’hui, à la rétention de l’information par les pouvoirs politiques dans un secteur ou la rapidité constitue un facteur très important », précise  Nacera Houari, enseignant en sciences de l’information et communication à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, qui  relève aussi l’absence d’une politique de « l’information claire qui définit  les objectifs et les rôles de la presse ».

Selon la même universitaire, souvent l’information (télévisée) est caractérisée par des communiqués officiels. Elle souligne, en effet, le manque d’intérêt accordé, notamment à la presse régionale qui n’arrive pas à décoller dans notre pays.

Intervenant lors de la journée d’étude sur la liberté de la presse organisée par le club scientifique de la faculté des sciences humaines et sociales de Tamda, à Tizi Ouzou,  Nacera Houari a donné un aperçu sur l’historique de la presse en Algérie. Et sur ce, elle dira : « On ne peut pas faire l’analyse de la vie médiatique algérienne sans se référer à la guerre de libération : la charte de la Soummam  qui porte, dans son troisième chapitre, sur  « Les moyens d’actions et de propagande ».

« Le rôle de la presse durant cette période était de sensibiliser et d’éclairer l’opinion publique  nationale et internationale.  Après l’indépendance, on connaîtra l’emprise du parti unique sur le champ médiatique et culturel de 1962 à 1989. Cette période est caractérisée par l’adoption de la constitution du  septembre 1963 qui a souligné l’adhésion de l’Algérie  à la déclaration universelle des droits de l’Homme » a-t-elle souligné.

Elle a  précisé, dans le même contexte, que « la formation des journalistes en Algérie était  assurée par l’Ecole supérieur de journalisme, à Alger. Mais, à partir du  mois de novembre 1975,  un arrêté de ministère de l’Enseignement supérieur va intégrer cette école à l’institut des sciences politiques et de l’information. Pour le perfectionnement des journalistes professionnels, il y avait  eu plusieurs séminaires de recyclage et des stages organisés par le ministère de l’information. Le but était  d’améliorer les connaissances politiques et économiques des hommes de plume  », a-t-elle expliqué. 


Selon elle, « la période 1962 -1989 est marquée par la mainmise du pouvoir sur le champ politique. Et Le droit à l’information avait  été soulevé comme revendication pour la première fois, en Algérie, durant cette période lors des débats de mai 1976 autour de la première charte nationale ».

Par ailleurs, évoquant la période de l’ouverture démocratique qui a consacré la pluralité de la presse, la même enseignante ajoutera qu’en 1989, « on a assisté à une véritable explosion des libertés et la naissance de la société civile ».  Des lors, des journaux privés avaient  juste, après deux années d’existence, ont commencé à damer  carrément le pion à la presse publique, a-t-elle soutenu.  Même, a-t-elle rappelé, la chaîne de la télévision nationale avait fait croire au citoyen qu’elle allait devenir « un terrain de la liberté d’expression par excellence», notamment avec  les émissions en direct qui recevaient  des  leaders de partis politiques  pour s’exprimer en toute liberté.

En dépit de cette ouverture, la loi de 1990 avait  été qualifiée de « code pénal bis » par de nombreux journalistes, et ce, en raison, a-t-elle dit, des articles 86 et 87 qui prévoyaient  5 à 10 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’état. Après  1992, la presse subira les affres du terrorisme intégriste qui a coûté la vie à des dizaines d’hommes de la corporation. « Plus de 60 journalistes assassinés et quatre journalistes portés disparus, prés de 40 journalistes arrêtés de 1992 et 2000. Environ 200 journalistes avaient quitté le pays entre 93 et 95», note la même universitaire pour illustrer les conséquences de l’Etat d’urgence.

Enfin, Nacera Houari nous a parlé de ce qu’elle appelle les pressions économiques contre la presse qui fait l’objet d’ « harcèlements administratifs et judiciaires » et le chantage publicitaire avec l’ANEP, agence nationale d’édition et de publicité.
 

Hafid Azzouzi

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