Le livre de Valérie Trierweiler tiré à 200 000 exemplaires, un record?
Seul un autre livre bénéficie d'un tirage aussi élevé pour cette rentrée littéraire. Le pari reste risqué pour l'éditeur, qui devra vendre vite -et beaucoup- pour rentrer dans ses frais.
Valérie Trierweiler lors de la campagne pour le retour des jeunes filles enlevées par Boko Haram, le 28 juillet 2014.
AFP PHOTO / PIERRE ANDRIEU
La maison d'édition Les Arènes a fait chauffer les rotatives. Merci pour ce moment, le livre de Valérie Trierweiler qui revient sur sa relation -et sa rupture- avec François Hollande, a été imprimé à 200 000 exemplaires. L'information, rapportée par Le Huffingtonpost, nous a été confirmée par la maison d'édition, Les Arènes. Le tout dans le secret le plus total, puisque la date de sortie n'a été révélée le 2 septembre, soit deux jours seulement avant la sortie, jeudi 4.
Même l'Elysée n'était "pas au courant" de la parution, affirmant ne "pas avoir lu le livre". Et pour cause, les exemplaires ont été imprimés en Allemagne, nous confirme également Les Arènes. Les bons de commande mentionnaient d'ailleurs un faux titre de travail,Le siècle des hommes, lancé sous "XX". Un phénomène rarissime dans le monde de l'édition, réservé aux ouvrages dont on ne connaît ni l'auteur, ni le contenu.
>> Lire aussi : Comment Valérie Trierweiler a gardé le secret sur son livre
"Ce n'était pas le critère premier, mais Valérie Trierweiler nous a aussi choisi parce que nous sommes une petite maison d'édition et qu'il a dû lui apparaître que nous étions plus à même de préserver la confidentialité de la publication", nous confie Laurence Corona, directrice de la publication des Arènes. Et comment préserver un tel secret? "Vous êtes journaliste, vous savez très bien comment garder vos informations confidentielles et vos sources, il n'y a pas de raison qu'on ne fasse pas pareil", répond-elle, expliquant qu'il y avait "très peu de personne dans la boucle".
200 000 exemplaires: un pari osé
Les extraits du livre, publié par Paris Match ce mercredi 3 septembre, donnent une première explication à cet imposant tirage.Phrases choc, confidences intimes, violents tacles contre François Hollande, jalousie envers Ségolène Royal, puis Julie Gayet... L'histoire a de quoi attirer ceux qui se passionnent pour la vie privée des personnages publics.
Mais le pari est tout de même osé et le risque commercial élevé. Car il faudra vendre vite et beaucoup pour ne pas se retrouver avec un trop grand stock d'invendus. Pour ce faire, le fonctionnement est toujours le même: bonnes feuilles dans un journal -Paris Match en l'occurrence- pour attiser l'appétit du lecteur, mise en vente rapide dans les librairies et promotion à la télévision, note Le Figaro.
Plus que Cécilia Attias, autant qu'Amélie Nothomb, moins que Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac
À titre de comparaison, le tirage de Merci pour ce moment est largement supérieur aux 90 000 exemplaires du -très sage- Une envie de vérité (Flammarion) de Cécilia Attias. Le livre de l'ancienne femme de Nicolas Sarkozy -publié après la présidentielle-, avait bénéficié d'un premier tirage à 60 000 exemplaire puis 30 000 exemplaires de plus dès sa sortie. Au final, il s'était vendu à 55 000 exemplaires.
Le livre de Bruno Le Maire, Jours de Pouvoir (Gallimard), s'était lui écoulé à 46 000 exemplaires et avait même décroché la 26e place du Palmarès des best-sellers de l'Express 2013. Le très mauvaisBelle et bête (Stock) de Marcela Iacub -qui relatait sa relation avec Dominique Strauss-Kahn-, n'avait atteint que les 17 000 ventes (pour 40 000 exemplaires imprimés), note encore Le Figaro.
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy -avec respectivement Chaque pas doit être un but (230 000 exemplaires imprimés) en 2009 etTémoignages (275 000) en 2006- ont eux bénéficié d'un tirage plus important que Valérie Trierweiler.
Un contrat supérieur à 500 000 euros? Mais pas de la part des Arènes
Mais pour cette rentrée littéraire 2014, seul le Pétronille d'Amélie Nothomb a un tirage aussi important. Cette dernière est d'ailleurs entrée directement en 2e position du palmarès des ventes de L'Express du 18 au 24 août. Les ventes de cette semaine seront, elles, scrutées au-delà des cercles littéraires...
Quoi qu'il en soit, le contrat signé avec Valérie Trierweiler devrait être à la hauteur de l'attente de l'éditeur et de ses 200 000 exemplaires. En mars dernier, L'Express révélait que les éditeurs de Paris faisaient monter les enchères pour faire signer Valérie Trierweiler. "Tout le monde lui a proposé un contrat, évidemment", nous expliquait alors le patron d'une grande maison d'édition parisienne, qui évoquait des sommes allant de 100 000 à 500 000 euros.
"Je pense même qu'elle a eu des offres encore plus élevées, qu'on lui a donné un chèque en blanc en demandant d'inscrire un montant", lance la directrice de la communication des Arènes. "Mais vous imaginez bien que nous, petite maison d'édition, ne pouvions pas nous aligner sur les offres des plus gros. C'est elle qui nous a choisi". Le contrat tournait donc plutôt autour des 100 000 euros? La maison d'édition "refuse de parler argent". Impossible, donc, de savoir à partir de combien d'exemplaires vendus "Les Arènes" pourra amortir ce premier tirage...
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-livre-de-valerie-trierweiler-tire-a-200-000-exemplaire-un-record_1572590.html#bBF5wcTbozLXX7GB.99