Après l’attaque du camp de la 5éme compagnie du 6 éme bataillon de chasseurs alpins stationné a Tizi Ndjemaa, nous nous étions rassemblés au village Soumer. Ie harcèlement de ce casernement installé depuis 1954 a flanc de montagne, avait pour objectif militaire de détruire la station de captage d’eau potage desservant la communauté européenne, a quelques dix kilomètres de la. Y avaient participé à cette opération de sabotage Ali Mellah, Amirouche Ait Hamouda, celui qui allait devenir en 1955, après la mort du symbole de la rébellion Amar Ait Cheikh, le responsable politico-militaire de la wilaya 3 historique. Il y avait également Tahar Menaiche. Amar Ait Cheikh.
Amirouche avait un ascendant sur l'ensemble des maquisards, même a cette époque, mais respectueux de ses compagnons.
Il ordonna a tous, le cas de le dire, malgré la présence de son supérieur hiérarchique qui était Amar Ait Cheikh, a chacun de rentrer chez soi, apres cette première attaque symbolique. « Maintenant que nous vous avons fait sentir la poudre, rentrez chez vous et surtout ne passez pas la nuit dans vos villages. La France, vous ne pouvez deviner a quelle heure et quand elle réagira en lançant a vos trousses ses sbires pour vous encercler, vous capturer et vous punir. Vous devez savoir maintenant que vos noms sont connus du colonisateur, et votre arrestation est désormais devenue un objectif pour lui. »
En effet, le premier bouclage, annonça et dirigé comme par hasard contre le village Soumer mais sans résultat. Ensuite contre le village voisin Ait El Arbi (Iril El Arbi) sans doute à cause de la présence signalée d’un militant de la première heure, en l'occurrence El Hadj Azouaou. Ce dernier n’a pu du reste participer à L’opération que nous avions entreprise a cause de son indisponibilité au village, occupé à Alger dans une entreprise ou il travaillait depuis déjà belle lurette.
Les services de renseignements français lui laissèrent toutefois une convocation à ses proches, au village, pour la lui remettre en mains propres. A la réception par l’intéressé de cette injonction de l'administration coloniale, El Hadj Azouaou en homme averti, se présenta à la gendarmerie de Michelet, aujourd’hui Ain El Hammam, muni d'un certificat de travail pour justifier son non participation au coup de mains de Tizi Ndjemaa. Mais cela n'a pas empêché entretemps les forces françaises de continuer leur enquête. Épargnant volontairement ou astucieusement les villages Iferhounene, Ait Hamou et Ait Idir Ouali pourtant sur leur passage obligé qui devait les mener jusqu’au village Ait Ali Ouyahia, pour continuer leurs investigations La ils procédèrent a l’arrestation de quelques citoyens qui venaient juste de se réveiller de leur sommeil nocturne.
Quant au groupe qui avait attaqué le camp français, il se refugia dans une grange située a quelques centaines de mètres du village, suivant les instructions émises avant de nous séparer par celui qui allait devenir plus tard la bête noire de l'armée française dans toute la Kabylie et bien au delà. Le colonel Amirouche.
Quand aux éléments arrêtés, des civils innocents, ils furent libérés à l'exception de Mohand Ourabah Ait Meziane, Dieu ait son âme, qui sera retenu pendant 8 jours, privé de nourriture et d'eau, il sera transféré même à Tizi Ouzou, remis aux mains des inspecteurs du renseignement pour enquête approfondie.