Mandat d’arrêt international: L’AACC juge l’annonce tardive et peu crédible
L’annonce lundi par le procureur général d’Alger d’un mandat d’arrêt international contre Chakib Khelil est « peu crédible », « tardive » et « mal faite » avec des« informations incomplètes et contradictoires », estime l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC).
« Il y a parfois des annonces qu'il faut éviter de faire, au risque d'aggraver le discrédit d'une institution déjà largement décriée, la justice algérienne en l'occurrence », explique, ce mardi 13 août, l’organisation dans un communiqué. « C'est le cas de l'annonce faite le 12 août par le procureur général d'Alger, […] qui est un non-événement pour l'AACC et qui prêterait à rire n'eut été la gravité des faits auxquels elle fait référence », ajoute-t-elle.
L’Association algérienne de lutte contre la corruption fait part de ses nombreuses interrogations autour de l’annonce jetant le doute sur le sérieux et la crédibilité de la démarche des autorités algériennes. « Pourquoi le procureur général d'Alger n'évoque qu'aujourd'hui le fait que "Le juge d’instruction en charge de l’affaire a adressé une convocation à Chakib Khelil avant le lancement du mandat d’arrêt international à son encontre" ? Quelle est la date de cette convocation et pourquoi ne l'a-t-on pas rendue publique au moment même ? », s’interroge-t-elle.
L’AACC se demande également « pourquoi le concerné, au vu de la gravité des faits, lorsqu'il était présent en Algérie, n'a pas été interdit de sortie du territoire, comme mesure conservatoire ? ». « Le même procureur général d'Alger annonce aussi que le mandat d’arrêt à l’encontre de Chakib Khelil notamment a pris effet depuis deux semaines, c'est à dire depuis le 29 juillet 2013 ! Là aussi, pourquoi l'annoncer uniquement aujourd’hui ? », poursuit-elle.
En fait, la sortie du procureur général intervient quelques jours après les nouvelles révélations de la justice italienne à la presse sur « le scandale Sonatrach-ENI-Saipem, révélations où sont notamment cités Chakib Khelil et Farid Bédjaoui, dont un mandat d'arrêt international contre ce dernier », rappelle l’AACC. Et la justice algérienne est toujours « aux ordres de l'Exécutif et du pouvoir », selon elle. « Elle bloque les enquêtes quand on le lui ordonne et elle fait des annonces opportunistes pour faire croire qu'elle agit et essayer de tromper l'opinion publique qui ne se leurre plus », explique l'association.
L’AACC appelle « le pouvoir algérien » à cesser « de faire du chantage sur le gouvernement italien et sur le groupe ENI, exigeant que ces derniers fassent pression à leur tour sur la justice italienne pour qu’elle arrête de rendre publiques des révélations accablantes contre des dirigeants algériens ! ». La justice algérienne doit laisser faire la justice italienne, selon elle.
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