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la France anti amazigh a travers nouvelobs

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En Libye, les Amazighs haussent le ton !
Le Haut conseil des Amazighs de Libye annonce le retrait des Imazighen du Congrès général national libyen (Parlement) et fait savoir son rejet des institutions libyennes et leurs décisions.
samedi 13 juillet 2013
par Masin
 
Le 25 juin 2013, l’Assemblée nationale libyenne (Congrès général national) élit à sa tête un Amazigh d’At-Willul (Zouara), Nouri Bousahmein [1]. Le jour-même, l’AFP titrait Libye : un Amazigh élu leader intérimaire, un titre repris en substance par la presse à travers le monde. C’est tellement beau, venant de l’AFP connue pour son hostilité à la question amazighe (intérêts de la France obligent), qu’il est difficile de ne pas se douter qu’il y ait "anguille sous roche", comme dirait l’autre !
Sinon comment expliquer ce silence observé par cette même AFP devant un évènement de haute importance survenu moins d’un mois après ? Oui, comment ignorer la décision des Imazighen de Libye de boycotter les élections et le retrait de leurs représentants au sein du Congrès national général libyen ?



Le 10 juillet 2013, le Haut conseil des Amazighs de Libye (HCAL), mis en place en janvier 2013 à Tripoli (voir notre article à ce sujet), sort du silence et annonce le retrait des représentants amazighs au sein du Congrès général national libyen (parlement) et fait savoir que les Amazighs ne se sentent plus concernés par la Commission des soixante chargée de la rédaction de la Constitution (lire la déclaration du HCAL). Cette décision est synonyme également de la non-reconnaissance par les Amazighs du Congrès général national ainsi que du gouvernement libyens [2]. C’est tout simplement le divorce entre les Amazighs et les pseudo-institutions en Libye.

Cette décision survient suite à plusieurs mois de discussions où les Amazighs ont fait preuve de patience et ont déployé d’énormes efforts pour instaurer un dialogue fructueux et intelligent avec les membres du Congrès et les diverses forces politiques libyennes. Ces derniers n’ont pas l’air d’être en mesure de comprendre le langage de la sagesse et de la rationalité. Par conséquent, la patience des Amazighs aurait atteint ses limites et ils seront certainement contraints à faire entendre le langage de la force qui semble être le langage préféré de ces arabo-isamistes libyens qui ne cachent pas leur hostilité à l’amazighité.

En janvier 2013, le HCAL avait averti. Il avait annoncé haut et fort, au siège même du Congrès général national, en présence de son président, que la seule Constitution pouvant bénéficier de l’approbation des Imazighen est celle qui les reconnaitra en tant que Libyens égaux dans tous les droits et qui assurera leur protection. Ils n’ont pas manqué de faire savoir également qu’une Constitution qui niera le fait amazigh ne pourra bénéficier de l’approbation des Amazighs de même que toute institution émanant d’une telle Constitution en précisant qu’ils n’obéiront à aucune autorité qui sera issue de ces institutions. Les membres non-amazighophones du Congrès général national n’ont certainement pas pris au sérieux les déclarations de ces Amazighs supposés être "dociles" et uniquement soucieux des "intérêts suprêmes" de la Libye, notamment son "unité" !

Le 13 janvier 2013 lors de la grande fête amazighe à Tripoli


Si la décision d’octroyer aux Amazighs seulement deux sièges sur soixante au sein de la Commission des soixante chargée de rédiger la prochaine Constitution libyenne, n’a pas été du goût des membres du Haut conseil des Amazighs de Libye, c’est l’attitude générale des membres du Congrès au quotidien et leurs différents subterfuges visant à duper Imazighen dans le but de marginaliser le fait amazigh qui a fini par lasser les membres du HCAL qui ont décidé d’adopter une autre attitude. Cette décision du HCAL engage l’ensemble de la société civile amazighe représentée par les Conseils locaux, les organisations de la société civile et les associations de défense des droits mais aussi les conseils militaires locaux dans l’ensemble des territoires des Amazighophones libyens.

Il est vrai que depuis la libération de la Libye du despote Kadhafi, les Amazighs ont fait preuve de beaucoup de patience et ont manifesté leur volonté d’œuvrer pour faire de la Libye un espace où les différentes composantes puissent vivre en toute intelligence dans le respect mutuel. Ils ont eu la patience d’expliquer de manière pragmatique la légitimité de l’amazighité en Libye et la nécessité pour tous d’admettre le fait amazigh qu’ils considèrent comme condition sine qua non pour l’établissement de la paix et d’un État en Libye. Ils ont montré combien ils sont attachés à la démocratie, au respect des droits et à l’instauration d’un État moderne et respectueux de tous les droits. Ils ont eu à organiser plusieurs manifestations et rassemblement pour poser la question amazighe. La réussite de ces manifestations ayant rassemblé des milliers de personnes montre à quel point la culture démocratique est ancrée dans la société amazighe. Même lorsqu’ils ont eu à subir des provocations de la part y compris de responsables en charge de la transition ; c’est le cas, à titre d’exemple de Moustapha Abdouldjalil qui a accusé Imazighen de collaborer avec des forces étrangères hostiles à la Libye, sur la télévision libyenne Libya Awalan, le 28 novembre 2011, ils ont su rester serein et toujours adopter la voix de la raison et de la sagesse.
Ont-ils été sous-estimés par ceux-là qui veulent sceller l’avenir de la Libye ? Pourtant, il n’est un secret pour personne que les Amazighs maitrisent parfaitement le langage des armes. Pourtant ! Ne sont-ils pas les libérateurs de Tripoli ? La France n’avait-elle pas compris que seuls ces "guerriers" des montagnes amazighes étaient capables de déloger Kadhafi de son palais tripolitain ? Et c’est seulement cette conviction qui avait guidé le choix de la France de larguer des armes dans les montagnes berbères en juin 2011.

C’est cette capacité à user du langage de la force que les Amazighs sont appelés à faire entendre aujourd’hui que leurs efforts pour le dialogue s’avèrent infructueux. Car ils ne peuvent se permettre un quelconque retour en arrière. Pourraient-ils se permettre de trahir le sang de ceux qui sont morts pendant la guerre contre le dictateur Kadhafi et son régime pour que l’avenir soit différent et pour que soit mis fin à l’humiliation subie depuis des siècles ? Aussi, Imazighen ne peuvent se permettre de payer les frais de la naïveté politique de certains de leurs représentants notamment au sein des institutions libyennes, et encore moins être victimes des magouilles de ceux parmi eux qui se livrent à la compromission et à la collaboration avec ceux qui combattent l’amazighité. Est-il concevable de renoncer aux engagements annoncés dans déclaration des Conseils locaux du 12 janvier 2013 à Tripoli ? Non, et non !

Tariq Attouchi donnant lecture de la déclaration finale du Forum des droits constitutionnels des Imazighen de Libye, le 12 janvier 2013 à Tripoli


Aujourd’hui, et de manière générale à travers Tamazgha, comme à l’Azawad, les Amazighs ne peuvent faire l’économie d’une démonstration de force par laquelle ils auront à rétablir leurs droits naturels et historiques et mettront fin à l’humiliation qui pèse sur eux. Et il s’avère que les Amazighs de Libye, comme leurs frères les Touaregs de l’Azawad, qui sont aujourd’hui à la pointe du combat amazigh, sont les mieux placés et bien lotis pour accomplir cet inéluctable reconquête identitaire. Eux qui ont encore les armes avec lesquelles ils ont fait tomber le régime de Kadhafi n’ont pas le droit de se priver de cette libération qui ne dépend que de leur volonté d’aller au bout du combat. Ces armes qui ont servi à la libération de la Libye de l’humiliation kadhafiste devront servir à la libération totale et à l’accès des Imazighen à leur liberté et leur dignité. Imazighen de Libye n’ont pas le droit de tomber dans le piège qui consiste à les avoir par l’usure et la ruse de ceux avec qui ils pensent pouvoir bâtir un avenir de dignité et de liberté dont le seul souci est l’éradication de l’amazighité.

En tout état de cause, la déclaration du HCAL en date du 10 juillet 2013 marque un tournant dans le combat des Amazighs de Libye qui prendra certainement une autre dimension.


Masin Ferkal.


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